Un article qui parle de communication

Québécois de souche, et pourtant fils d’immigrant québécois en terre québécoise…

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Pour faire une histoire courte

Le 3 février 2009 lorsque j’ai écrit une première fable, j’étais loin de réaliser que je venais de mettre les pieds dans un sentier qui allait transformer ma vie et celle de milliers de personnes.

De surprises en surprises

En 2011, après avoir publié, coup sur coup, mes 2 premiers recueils de fables aux Éditions GID, à ma plus grande surprise, mon éditeur m’apprenait que je venais de battre le record du monde des fables qui appartenait jusque là à Jean de LaFontaine, 252 contre 243.

Dans les mois qui ont suivi, j’ai appris qu’en suivant les démarches administratives, je pouvais espérer être accrédité en tant que Écrivain à l’école,  à l’intérieur du programme La culture à l’école, un programme gouvernemental qui vise à faire connaitre aux étudiants des artistes et des écrivains d’ici. Ce qui s’est produit à l’automne 2012. J’ignorais que 4 ans plus tard, j’aurais publié près de 500 fables de mes 920 écrites à ce jour. Je n’avais aucune idée que je serais publié régulièrement en Afrique, que plusieurs de mes fables seraient traduites et reprises en Portugais et en Italien, pas plus que je publierais une quinzaine de livres et qu’éventuellement, je gagnerais ma vie en présentant des conférences et en animant des ateliers.

Depuis cette date, et puisque je suis encore à ce jour le seul fabuliste (écrivain de fables) accrédité du Québec, régulièrement, je suis invité à visiter les écoles du Québec qui en font la demande ; des dépenses qui sont remboursées pour les écoles à hauteur de 80%.

Dans presque toutes les régions administratives du Québec, qu’il s’agisse d’écoles privées ou publiques, des niveaux primaire ou secondaire, chaque fois en m’adaptant aux besoins pédagogiques des écoles, en quatre ans, j’ai eu le plaisir de partager mon parcours de fabuliste et ma passion pour la fable devant des milliers d’étudiants et de très nombreux enseignants de plusieurs Commissions scolaires, de la Baie James à la Gaspésie, de l’Estrie à la Beauce, je vais là où je suis invité, le temps qu’il faut.

Et puis, après être devenu Monsieur Fable sur les scènes de la francophonie mondiale et avoir pris la parole devant des publics les plus divers lors de formations, discours et conférences, j’ai mis sur pied Orateur Expert, pour aider et former les gens et les organisations dans leur prises de parole en public, et enfin, je suis devenu Le Conférencier Du Bonheur.

Une expérience transformante

Du 6 au 9 décembre 2016, après avoir été invité à visiter l’École secondaire St-Laurent, Édifice St-Germain, de Ville St-Laurent en tant que Monsieur Fable, je ne me doutais pas le moins du monde de ce qui m’attendait. J’en ressors transformé à tout jamais.

Dans une petite école de quartier multi-ethnique, et presque surpeuplée, j’ai eu le privilège de rencontrer 10 classes du niveau Secondaire 2 et de partager le quotidien de quelques enseignants dévoués à leur tâche et qui ne ménagent aucun effort pour éduquer et accompagner les élèves vers la réussite scolaire et leur réalisation en tant que personne, je pense ici à mesdames Natalie Dubois et Cynthia Cheaib, monsieur Samuel et madame Daphnée, une stagiaire prometteuse. Bravo ! Vous êtes des modèles et des exemples à suivre.

Tout de suite, je peux affirmer haut et fort que c’est sans l’ombre d’un doute l’école la plus respectueuse que j’ai eu l’occasion de visiter. La Commission scolaire Marguerite-Bourgeois ainsi que la direction de l’école, monsieur Brisebois et madame Pamella Cheaib, ne peuvent qu’être fiers du travail accompli, si difficile puisse-t-il être parfois j’en suis certain.

Entassés à deux par casiers, ces 300 étudiants à qui j’ai eu le plaisir d’adresser la parole, sont pour la plupart des immigrants, des fils ou des petits-fils d’immigrants, des garçons et des filles de 26 ethnies différentes, de religions différentes et de traditions différentes. À 30 par classe, ils partagent leur vie, les espoirs, leurs rêves, mais aussi leurs cours, leur gymnase, leurs repas et les espaces communs sans que jamais je n’aie été témoin d’une quelque forme de manque de respect, jamais ! Cette école est le parfait exemple de ce que signifie vivre ensemble dans la paix et l’harmonie. Collectivement, je nous en souhaite plusieurs des comme elle.

Moi qui croyais au départ que j’allais pouvoir présenter un discours à sens unique et que j’allais les abreuver de connaissances, j’ai rapidement compris qu’il en serait autrement.

Après avoir partagé quelques tranches de ma vie et leur avoir transmis des notions indispensables sur la fable, dès la fin de la première période, quelques élèves m’ont pris à part pour une discussion plus intime. Un Camerounais, un Espagnol et un Libanais voulait me connaitre un peu plus. Un échange que j’ai eu l’occasion de refaire avec d’autres élèves entre chaque classe et même une fois les cours d’après-midi terminés.

Un constat évident

C’est avec lucidité et un certain recul nécessaire que je me suis posé la question à savoir ce qu’est un immigrant. Ma réponse a été qu’il s’agit de personnes quittant leur terre natale, leurs amis, leur culture et souvent de fois leur langue, pour s’installer ailleurs dans l’espoir d’offrir à leurs enfant une vie meilleure. Peut-on leur reproche de s’accrocher à la seule chose qui leur reste, leur foi ? Moi je ne le ferai pas, je sais très bien que la foi est la dimension fondamentale de l’être humaine, c’est elle qui donne du sens au reste.

Et puis, de discussions en discussions, j’ai cheminé intérieurement. C’est grâce à ces élèves que j’ai dut faire un constat évident, même si je suis Québécois de souche, je suis pourtant fils d’immigrant québécois en terre québécoise…

Eux-mêmes porteurs de leurs propres traditions, mes deux parents ont grandi dans un petit village de la région du Lac S-jean, St-Prime.

C’était alors qu’elle était enceinte de moi, que ma mère a suivi mon père 300 kilomètres plus au Sud en quittant la campagne pour la ville.

Comme tous les immigrants, mes parents se sont accrochés à ce qu’ils pouvaient de traditions : nourriture, église, activités sociales, amis eux-aussi expatriés de cette même région.

Déchirés entre deux cultures, ils ont navigué de leur mieux entre les obligations de leur nouvelle vie et la mélancolie de ce qu’ils avaient quitté sans jamais être capables de vraiment couper les ponts et les liens affectifs, après tout, une bonne partie de la famille était restée derrière. D’un coté ils attendaient beaucoup de leur décision de planter ailleurs leurs racines, et de l’autre, ils résistaient à l’idée de s’intégrer à cette nouvelle société, ils n’étaient pas prêts à renoncer à leurs traditions pour en intégrer d’autres.

Ce n’est qu’aujourd’hui, grâce à ma visite à cette école que j’ai pu comprendre l’ampleur de leurs blessures et de leur détresse.

Coincé dans un univers de non-dit et des frustrations parentales, lorsqu’à l’âge de 14 ans, ils ont arraché de force mes racines pour retourner vivre dans leur région natale, l’acclimatation a été très difficile. À mon tour, à leur exemple, en quittant la ville  je devenais un immigrant dans mon propre pays. J’allais devoir intégrer une autre manière de vivre, m’habituer à un accent différent et bien sur, subir les moqueries de ceux qui repoussent les nouveaux arrivants avant même d’avoir fait l’effort de les connaitre.

Parce que cette décision n’était pas la mienne, mais qu’on me l’avait imposé, ça n’a vraiment pas été facile pour moi.

Le besoin de racines

Après un long détour de vie qui a duré 40 ans, comme si ça avait été planifié d’avance par la main d’une volonté plus grande que la mienne, je me retrouve aujourd’hui propriétaire d’une maison unifamiliale dans le même village où je suis né, à quelques minutes à peine de la grande ville que mon père avait tenté de conquérir avant de renoncer 14 ans plus tard.

Même si le sang qui coule en moi regorge de cette saveur régionale dont se sont nourris mes parents, c’est ici que sont mes racines, tant physiques qu’émotives.

J’ai compris que le racisme ce n’est pas une question de langue, de culture ou de religion, ça dénote plutôt une fermeture d’esprit et un sentiment de peur, peur du changement, peur de la différence, peur du dialogue, peur de la remise en question, peur que le futur ne soit pas comme le passé.

En me faisant comprendre et accepter que je suis un immigrant dans mon propre pays, ces élèves, sans s’en rendre compte j’en suis convaincu, font m’aider à rendre le monde meilleur puisque c’est là mon objectif ultime.

Une de mes fables se termine ainsi : Lorsque les mots manquent pour remercier, dire merci du fond du coeur suffit. Alors MERCI !

Avez-vous besoin d’en parler ? 

Si vous vivez une période de changement difficile ou si vous connaissez une personne à qui ça arrive, n’hésitez pas à entrer en contact avec moi, nous verrons ensemble comment je peux vous aider.

Écrivain, conférencier, formateur, coach et expert en prise de la parole en public, vous pouvez également me contacter directement en cliquant sur ce lien.

© Pierre Simard, 2016

Monsieur Fable        Orateur Expert       Le Conférencier Du Bonheur

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